Sibylle (nom féminin, subst. féminin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

(On prononce les L sans les mouiller.)
T. d'Antiquité
Nom donné par le anciens à Certaines femmes auxquelles ils attribuaient la connaissance de l'avenir et le don de prophétie. "La de Cumes. La Érythrée. L'antre de la . Les Romains consultaient les livres des s dans les affaires importantes."
Fig. et fam., "C'est une vieille " se dit d'une Femme vieille et laide, connue pour la méchanceté de ses propos.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Chez les anciens, femmes auxquelles on attribuait la connaissance de l'avenir et le don de prédire. L'antre de la .
PASC.: « Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte ; ainsi les livres des s et de Trismégiste et tant d'autres qui ont eu crédit au monde, sont faux, et se trouvent faux à la suite des temps »
DUMARS.: « Ces livres des s, qui n'étaient recommandables que par la crédulité des Romains, étaient gardés par quinze prêtres dans le temple qu'Auguste avait fait bâtir sur le mont Palatin en l'honneur d'Apollon »
VOLT.: « Le plus grand embarras pour les anciens était d'expliquer par quel heureux privilége ces s avaient le don de prédire l'avenir ; les platoniciens en trouvaient la cause dans l'union intime que la créature parvenue à un certain degré de perfection pouvait avoir avec la divinité ; d'autres rapportaient cette vertu divinatrice des s aux vapeurs et aux exhalaisons des cavernes qu'elles habitaient ; d'autres enfin attribuaient l'esprit prophétique des s à leur humeur sombre et mélancolique, ou à quelque maladie singulière »
    Par extension.
BOILEAU: « Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une étique, On l'appelle chicane »
    Fig.
GUI PATIN: « Quand on l'appelait [Christine de Suède] la dixième Muse et la du septentrion »
    Varron en distingue dix : la Persique, appelée Sambèthe ; la Libyenne ; la Delphique ; la Cuméenne, qui résidait à Cumes en Italie ; l'Érythréenne ; la Samienne ; la Cumane, née à Cumes dans l'Éolie ; l'Hellespontine ; la Phrygienne, qui rendait ses oracles à Ancyre ; et la Tiburne, qui fut honorée comme une divinité à Tibur, sur le Téveron, LEGOARANT.
    Les feuilles de la , feuilles de chêne sur lesquelles la écrivait ses oracles, que le vent dispersait, et qu'il fallait réunir pour en retrouver le sens (voy. FEUILLE, n° 1).
STAËL: « On ne sait guère rien de l'ensemble en toutes choses qu'à l'aide des détails ; et la nature n'est pour l'homme que les feuilles éparses de la »

 2   Fig. Femme qui affecte l'enthousiasme et l'air inspiré.
    Fig. et familièrement. Une vieille , une femme âgée qui a quelque prétention à l'esprit, ou qui est méchante.
BEAUMARCH.: « Voyez cette vieille ! parce qu'elle a fait quelques études et tourmenté la jeunesse de madame, elle veut tout dominer au château »
    Fille qui vieillit sans se marier.
SAINT-SIMON: « Les trois filles [de la Rochefoucauld] moururent s dans un coin de l'hôtel de la Rochefoucauld »

HISTORIQUE
    XVème siècle
COQUILLE: « Quelque grande vieille sebille, Caducque, menassant ruine, Qui glosera sur l'Evangille Et fera au cas bonne mine »
    XVIème siècle
RAB.: « On m'a dict qu'à Panzoust.... est une très insigne, laquelle predit toutes choses futures »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. sibilla ; espagn. sibila ; ital. sibilla ; du lat. sibylla ; grec, en dorien, pour le terme grec qui signifie Jupiter, et du grec, volonté, vouloir.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


(Les L ne se mouillent pas.) Les anciens ont appelé de ce nom certaines femmes auxquelles ils attribuaient la connaissance de l'avenir et le don de prédire. "La de Cumes. La Érythrée. L'antre de la . Les Romains consultaient les livres des s dans les affaires importantes. On prétend qu'il y a eu jusqu'à douze s."
Fig. et fam., "C'est une vieille ," se dit D'une femme âgée qui a quelque prétention à l'esprit, ou qui est méchante.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


(Les L ne se mouillent pas.) Les anciens ont appelé de ce nom certaines femmes, auxquelles ils attribuoient la connoissance de l'avenir, et le don de prédire. "La Sibylle de Cumes, la Sibylle Érythrée. L'antre de la Sibylle. Les Romains consultoient les livres des Sibylles dans les affaires importantes. On prétend qu'il y a eu jusqu'à douze Sibylles".
On dit ironiquement et familièrem. d'Une femme âgée, qui a quelque prétention à l'esprit, que "C'est une vieille Sibylle".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Les Anciens ont appelé de ce nom plusieurs filles, auxquelles ils attribuoient la connoissance de l'avenir, & le don de prédire. "La Sibylle Cumée. La Sibylle Érythrée. L'ancre de la Sibylle. Les Romains consultoient les livres des Sibylles dans les affaires importantes. On prétend qu'il y a eu jusqu'à douze Sibylles."
On dit figurément & familièrement d'Une fille âgée, qui fait parade d'esprit & de science, que "C'est une vieille Sibylle."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Sibile", 3e "e" muet.] Prophétesse chez les Païens. = Aujourd'hui, en style plaisant et moqueur, "vieille Sibyle", Fille ou Femme âgée, qui fait parade d'esprit et de science. 'Je vous ai "sacrifié" à un "Bureau d'esprit"; mais cela ne m'arrivera guères. Je n'aime pas ces maisons présidées par "une Sibylle", qui done le ton et qui le reçoit à son tour de tous ceux qui environent son trépied. "Palissot".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Prophetesse ancienne, dont les Payens croyoient avoir des ouvrages qui predisoient l'avenir. "La Sibylle Hellespontique, la Phrygienne, &c. les Romains consultoient les livres des Sibylles dans les affaires importantes".
On dit d'une vieille fille, que "C'est une Sibylle".




Emplacement dans le dictionnaire :

shopping
short
show
shunt
si
si tant est
sialagogue
siamoise
sibon

sibyllin
sic
sicaire
sicav
siccatif
siccité
sicilienne
sicle
sida
sidéral
sidéré




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...en bousculant ce vieux maître, et j'eus beau intercéder pour lui, la punition fut dure. Quatre mois après, il lui fallut repartir sans avoir vu sa mère. Au moment de m'embarquer avec lui sur la Sibylle pour un tour du monde en trois cents jours, je l'emmenai un dimanche à Saint-pol-de-léon, afin de le consoler. C'était tout ce que je pouvais pour lui, car son Plouherzel était bien loin de...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...d'ours. Alors il était pris de fou rire, et il lui disait avec son accent breton : -oh ! Mais comme tu as l'air bête, ma pauvre perruche ! De là-haut, on dominait comme de très loin le pont de la Sibylle , une Sibylle aplatie, fuyante, très drôle à regarder de ce domaine d'Yves, ayant l'air d'une espèce de long poisson de bois, dont la couleur de sapin neuf tranchait sur les bleus profonds,...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...il était pris de fou rire, et il lui disait avec son accent breton : -oh ! Mais comme tu as l'air bête, ma pauvre perruche ! De là-haut, on dominait comme de très loin le pont de la Sibylle , une Sibylle aplatie, fuyante, très drôle à regarder de ce domaine d'Yves, ayant l'air d'une espèce de long poisson de bois, dont la couleur de sapin neuf tranchait sur les bleus profonds, infinis de la mer....


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...dans une sorte d'immense resplendissement bleu, et alors on voyait les vergues, les hunes, les grandes voiles blanches dessiner dans l'eau des commencements d'images renversées qui ondulaient. la Sibylle ne marchait plus, elle était lente et paresseuse, elle avait des mouvements de quelqu'un qui s'endort. Dans la grande chaleur humide, que les nuits mêmes ne diminuaient plus, les choses, comme les...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...rats quelquefois, déshabillés aussi de leur peau et pendus par la queue. Une nuit, on entendit tout à coup se lever une grande voix terrible, et tout le monde s'agiter et courir. En même temps, la Sibylle s'inclinait toujours, toute frémissante, comme sous l'étreinte d'une ténébreuse puissance. Alors ceux mêmes qui n'étaient pas de quart, ceux qui dormaient dans les faux ponts, comprirent : c'était...


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